Les indicateurs nationaux recoupent les chiffres d’activité des Restos : selon la dernière étude de l’INSEE, en France, le taux de pauvreté a atteint 15,4 % de la population en 2023, soit le taux le plus élevé depuis 30 ans. Aux Restos du Coeur, 77 % des familles accueillies vivent avec deux fois moins que le seuil de pauvreté, soit 644€ par mois. Environ 42 % des familles sont sans aucun moyen de subsistance, une fois les charges liées au logement et dettes payées.
Une population jeune, fragile et isolée
Le rapport 2024-2025 de l’Observatoire des Restos sur les caractéristiques des personnes accueillies souligne la détresse sociale d’une population jeune, aux conditions de vies préoccupantes et dégradées par les privations matérielles. 50 % des personnes accueillies aux Restos du Coeur ont moins de 25 ans.
La santé mentale des publics Restos est préoccupante. 64 % des personnes accueillies déclarent avoir traversé au moins un épisode dépressif au cours des douze derniers mois (Observatoire, 2025). C’est près de trois fois plus que dans l’ensemble de la population française (26 %, IFOP 2021). L’isolement social frappe de plein fouet les personnes accueillies : un tiers (34 %) disent se sentir seules souvent, voire presque tous les jours, et 27 % disent n’avoir absolument personne sur qui compter.
Pour rappel : en 2024-2025, les Restos du Coeur ont accueilli 1,3 million de personnes dans 2318 lieux d’accueil grâce à la mobilisation de 78 000 bénévoles réguliers et 30 000 bénévoles occasionnels.
Face à une telle aggravation de la pauvreté, année après année, les Restos du Coeur appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures concrètes et pérennes pour favoriser l’inclusion et l’insertion des plus démunis, et à veiller à ne pas rendre plus difficile encore l’action du tissu associatif. Collectivités territoriales, Etat et Union européenne : l’ensemble des acteurs publics doivent se mobiliser pour lutter contre la pauvreté.
